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02/09/2009

Fuir, éléphant...

Fuir éléphant (web).jpgFuir, éléphant !

raser les murs,

fouler la plage,

rejoindre l'eau,

se souvenir que t'étais poulpe,

que t'étais pieuvre,

que t'étais bras armés, prêt à couler l'encre !

brouf, crache un nuage noir, plus noir que le profond noir de l'eau,

ah ! ce que c'était, tout de même, tout ce que c'était,

tout de même, et tout ce que t'étais, vieil éléphant, au fond l'océan...

 

16/06/2009

Héron et pêcheur

Héron et pêcheur.jpgQui mangera le poisson ?

06/05/2009

Kwa ?

kwa.jpg

C’était il y a bien longtemps, pas dix ans, mais bien huit je crois. Je me promenais en Forêt et je suis arrivé à hauteur de ce Monsieur, assis sur ce banc. Je m’arrêtai  et le regardai comme sur la photo.

Avait-il les yeux ouverts, fermés ? La mine réjouie par le soleil chauffant, ou les traits vagues, plongés dans les souvenirs, ou embués dans la sieste ? Avait-il jamais vu ses magnifiques oreilles de dos, comme je les voyaient moi à cet instant. « Kwa ?. Qu’est-ce qu’il y a ? », semblait-il répondre silencieusement. Ah, je jurerais qu’il avait lui-même écrite cette interpellation sur ce banc, ce « kwa ? » narguant le temps, la vie passée, les regrets... et les passants.

Je n’ai pas osé le lui demander (tiens donc), et c’est avec d’infinies précautions, timidement, que j’appuyai sur le déclencheur de mon appareil photo, …clic…Kwa ? Et je repartis.

28/04/2009

Mémoires à l'Amante

L'amante (web).jpg

Avoir les pieds dans l’eau. Dans une petite rivière. Contempler la nature. L’eau est fraîche, coule vivement, avec des bonds là où elle passe sur de grosses pierres. Elle scintille sous le soleil – moi je suis à l’ombre, sauf mes pieds et mes mollets. C’est un bel endroit pour méditer sur le sens de la vie. Va-t-elle vers l’avant, vers l’arrière ? Vers elle-même ? La vie est elle comme une vague qui roule sur elle-même, se réduit sur la plage, et s’en retourne à plat vers la mer, l’océan ?

 

Je me rappelle les sermons des messes, auxquelles j’assistai de mon enfance à la fin de ma longue adolescence. Peut-être est-ce là que j’ai été imprégné de telles questions. Dans les réponses entendues, il y avait Dieu, ou une humble ignorance qui cédait la place à Dieu, je ne me souviens plus très bien à vrai dire, mais les voix des prètres résonnent encore – je me souviens de ces voix, des chants des fidèles, des chants d’espoir un peu triste, de l’ample silence qui soudain s'imposait; je me souviens de mon impatience à rester debout, puis assis, et qui me contraignait la poitrine comme dans une apnée ; de ma recherche effernée mais stoique pour trouver dans le marbre des sols, des colonnes, les quelques lignes, les quelques nervures dont le dessin accidentel révèlerait un visage, une libellule pour m’évader. Quelque chose pour échapper à l’ennui pesant, crispant que suscitait en moi des rites qui m’étaient bien trop raides, bien trop abstraits et ronronnants pour l’enfant que j’étais. J’en ai gardé une distance physique, un recroquevillement intérieur lorsque j’y repense. Même aujourd’hui, les églises qu’il m’arrive de visiter ne parviennent pas à me faire oublier, quelque soit leur splendeur évidente, ces heures pénibles passées à la messe du dimanche.

 

Mes parents n’étaient pourtant pas croyants, mais ils m’avaient inscrit dans un mouvement de jeunesse où la messe était inscrite au programme de nos réunions, qui avaient lieu trois fois par mois en moyenne. Vu d’ici, d’aujourd’hui, de mon âge, à distance convenable, je me demande si ce double isolement n’a pas contribué à mon terrible ennui. Oui, un terrible ennui. Il y a pire, bien pire c’est sûr, sur l’échelle de la souffrance, mais sur l’échelle du seul petit ennui, la petite heure de messe m’était comme une longue, longue, longue expérience sous camisole.

 

Un double isolement, car je ne pouvais par vraiment partager mon expérience avec mes parents. Ils n’allaient pas à la messe, n’étaient pas croyants. Parmi eux, j’étais le dépositaire d’une initiation qui ne leur était certes pas inconnue, mais qu’ils n’avaient pas experimenté avec la même intensité ni surtout avec la même fréquence. Parmi les autres, l’audience des croyants, j’étais incrédule, en questionnement. Je m’interrogeais sur le fait de participer ou non à l’eucharistie, de recevoir l’ostie, de faire enfant de chœur ou non. J’hésitais, prétextant ne pas avoir fait de communion, puis, lorsqu’on me confirma que cela n’était pas un empêchement, j’hésitais parce que cela ne représentais au fond rien pour moi, que cela ne trouvait écho dans aucune croyance, aucune profondeur. J’étais plus scrupuleux sans doute que bien d’autres, bien que cela soit un peu présomptueux de dire les choses comme ça. J’étais assurément plus rétif à participer à un culte dont je ne comprenais pas la foi. Car c’était ça aussi : la foi, je ne l’avais pas. J’étais en somme, enfant, respecteux de la foi des autres et avais à cœur de ne pas faire semblant dans ce qui me semblait être quelque chose de sincère, de véritable (même si ce respect s’est avéré plus tard une digue bien fragile quand je m’enportai contre le rite et ses rigidités).

 

Il paraît que les hommes de l’Antiquité croyaient que le marbre était une matière vivante, qui se déployait et comblait les cavités et les excavations des carrières. Je ne le savais pas à l’époque bien sûr, mais c’était une agréable manière de comblement, que de chercher dans le hasard des nervures l’enchantement fugace des formes inattendues.

Chaise d'église (web).jpg

06/03/2009

Le Temps d'un Café

La chaleur du café (web).jpg

28/01/2009

Son Coeur Plane

Son cœur plane

 

L’autre là

Son cœur plane

 

Elle a mis l’horizon

Dans sa poitrine

 

Elle a mis

Le parfum du tilleul sur ses doigts

Une tortue à l’eau

 

Elle a mis le pain, l’étang, les canards,

Dans ses bras

L'Amarier

L’amarier

 

Une écorce de sable

détient ses cheveux.

Une feuille qui tombe alarme son visage.

 

Dans le ciel,

les branches nues d’un arbre détaillent

la robe de dentelle ;

Celle qu'elle portera nue et sage

désarmée

21/01/2009

Dans l'envers du décor

Un canal s'est pendu.jpg

Au-delà de nos routes se dressent

 

La rivière

Aérienne

 

Un peigne de roseaux

 

Nos mèches caressées

Par le vent

20/01/2009

Un petit désespoir

Un petit désespoir.jpg

Un petit désespoir

 

 

Que faire ? Je n’ai pour vous plaire qu’un manège dérisoire, piaillements d’oiselets.

 

laissez-moi donc vos commentaires

N’ai-je d’écho que dans un dé à coudre?

 

 

 

 

 

06/01/2009

Les arbres font le trottoir

Les arbres font le trottoir.jpg...

26/12/2008

Mes trajets quotidiens

Mes trajets quotidiens.jpg

Mes trajets quotidiens

OU

Mon Dieu donne-nous aujourd’hui nos trajets de ce jour

 

 

Les types qui font la manche

Les enfants qui mendient dans les couloirs du métro

Les accordéonistes qu’on entend sans arrêt pendant des semaines, puis qui disparaissent, aussi vite qu’ils étaient apparus

Les femmes assises en tailleur, qui se lamentent dans les escaliers qui mènent dans les stations de métro, ou sur le trottoir, dans la rue, contre le pneu d’une voiture, et qui nous jettent des regards, qu’on est content de ne plus trop avoir peur des sorcières de nos jours – avec notre esprit scientifique

Les femmes voilées et les femmes pas voilées

Les femmes laides qui auraient pu être belles, et les femmes belles

Les femmes belles mais point trop

Les femmes maigres

Les jeunes filles qui exposent le haut de leurs culottes

Les jeunes filles maigres mais point trop qui exposent leurs culottes pas trop laides

Les culs, à n’en plus finir, et les mecs qui les reluquent – si si, je t’ai vu

Les bras qui s’accrochent aux mains courantes qui sont de barres et qui ne courent pas, ou des sangles en plastic dur et strié, moins strié qu’une liane, mais plus coupant, plus dur

 

Les femmes avec leurs landaus qui sont des caravanes, des charrettes des temps modernes, bourrées de courses, de biberons, avec une crevette de bébé qui surnage dans un bassin olympique – et elles parviennent à grimper dans le bus avec tout ça, sans que personne ne les mange

-         elles ont parfois des jumeaux

-         si c’est haut, il faut les aider, même à descendre

 

Les automobilistes qu’on aperçoit, qu’on toise depuis notre tram surélevé, qu’on nargue depuis notre site propre, même si parfois, on est entassé

 

Les fois où j’ai la seule cravate du tram

Les fois où j’ai le seul costume deux pièces du bus, et le seul à avoir trente ans, à être un mâle

Les fois où on cause entre gens sympas, même si on se connaît pas

Les fois, souvent, où on ne se cause pas

Les fois où je rêve de crever les tympans des types qui me font écouter de force le crachoti de leur baladeur musical – qui va me croire, le dernier écoutait Edith Piaf – Edith Piaf qui aurait chanté depuis le fond d’un puis, sous la pluie

 

On descend

 

Les merdes de chien sur le trottoir, écrasées et parfois étalées comme des coups de pinceau

 

Les types qui klaxonnent, les policiers qui jouent du sifflet à pleins poumons au milieu des carrefours intoxiquant

 

Les dalles mal scellées qui sprotchent de l’eau quand on marche dessus après la pluie, ça fait des traces d’encre brunes sur les chaussures

 

On s’accomode de tout ça, on rêve un peu, même si c’est pas dimanche, qu’on nous laisse un peu d’espace dans la ville, que les voitures soient machina non grata, qu’on creuse des jardins au milieu des boulevards et qu’on désaffecte les avenues

 

On se dit qu’il n’y en aura plus pour longtemps avec le pétrole, et que bon

 

Cerbère

Cerbère.jpg

Ce petit chien blanc assis au milieu de la rue, je l’ai aperçu lors d’une ballade, dans un quartier en lisière de la belle Forêt, au sud de Bruoccella. Pas avare ce jour-là de pensées inspirées, je songeai :  « Ce Chien est un joyau. Des trésors de biotechnologie naturelle s’y concentrent pour lui permettre d’être ce qu’il est, d’agir selon sa nature ; aboyer, renifler, flémarder, garder la rue… » Bref, une pensée d’une banalité certaine mais qui me sonnait comme une considération philosophique chic, illusion à laquelle à nos heures tous on cède. Pourtant, c’est vrai, ce chien est un concentré de technologie, à l’instar de bien d’autres productions de la Nature d’ailleurs, avec entre autres des synapses, des appareils de Golgi, de l’ARN messager, de la bave remplie d’enzymes qui doivent être de véritables rambos vu tout ce que les chiens se foutent en gueule. Or, justement, je devais passer par cette rue, avec le chien au mileu, et donc passer à hauteur de la bête. D’où je sentis poindre une petite appréhension. Bêtement. Bêtement, je pensai à Cerbère, le chien furieux de la mythologie. Vu la corpulence de la bête, j’aurais pu penser à Snoopy, ou à un Pollux passé à l’eau de javel, mais ma nature me configure à exagérer un peu les choses. Et puis, je dis : « je pensai à Cerbère », mais sur le coup, je ne pensais à dire vrai à rien de bien mythologique, je n’appréhendais que les aboyements rauques et les canines acérées qui allaient me coller au train. D’ailleurs, il faut être honnête, il eût fallu que je google Cerbère pour me rappeler à quoi il ressemblait, et combien il avait de têtes (si tant est qu’il en avait plusieurs), et vérifier si ma comparaison était pertinente . Je n’ai heureusement pas encore ce genre de réflexe lorsque je me promène. Il n’y avait donc là que ce chien, et ma perception teintée d’une angoisse aux origines sans doute infantiles, à ces rencontres avec des chiens agressifs, mal évlevés.

Evidemment, ce jour-là, rien ne se produisit. Lorsque je croisai le chien, le cœur battant, il ne me regarda même pas. La nature a de ces bugs.

23/12/2008

Mon appareil fantôme-graphique

Train coloré.jpg

Voici le train que j'aimerais prendre, pour visiter mes morts. Je leur ramènerai des photos, des couleurs, quelques odeurs glanées...
Je leur dédie chaque jour l'une ou l'autre sensation, et j'ai plaisir à penser qu'ils perçoivent les photos que je prends avec mon appareil fantôme-graphique. Il faudra, pour m'assurer enfin de son bon fonctionnement, que je patiente jusqu'au jour où je les rejoindrai. Mais c'est déjà un plaisir, cette espérance qu'ils partagent  avec moi encore quelques éclats du monde, mes morts. Mes chers morts adorés, trop vite partis, jamais oubliés.

L'inconnue familière

Fair Lady.jpg
Lors de la visite de la Tour de T...

Je visitais le sommet de la grande Tour d'Observation, à T..., en pays N....
J'avais atteint le sommet de la Tour, et faisais le tour de son balcon, lorsque je vis une femme, arrêtée à quelques mètres devant moi, dans le tournant du balcon. Elle me regardait avec insistance. Elle m'attendait au tournant, pensai-je avec ironie. Et elle restait là, patiemment.
"Tu viens, Chouchou, me dit-elle". Manifestement, elle me connaissait, et initmement dirais-je. Elle s'adressait à moi avec une telle conviction .... Alors, convaincu de me perdre au chant de quelque sirène, je la rejoignis, et poursuivi la promenade en la prenant par la main, avec un sentiment familier, étonnant.