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26/12/2008

Cerbère

Cerbère.jpg

Ce petit chien blanc assis au milieu de la rue, je l’ai aperçu lors d’une ballade, dans un quartier en lisière de la belle Forêt, au sud de Bruoccella. Pas avare ce jour-là de pensées inspirées, je songeai :  « Ce Chien est un joyau. Des trésors de biotechnologie naturelle s’y concentrent pour lui permettre d’être ce qu’il est, d’agir selon sa nature ; aboyer, renifler, flémarder, garder la rue… » Bref, une pensée d’une banalité certaine mais qui me sonnait comme une considération philosophique chic, illusion à laquelle à nos heures tous on cède. Pourtant, c’est vrai, ce chien est un concentré de technologie, à l’instar de bien d’autres productions de la Nature d’ailleurs, avec entre autres des synapses, des appareils de Golgi, de l’ARN messager, de la bave remplie d’enzymes qui doivent être de véritables rambos vu tout ce que les chiens se foutent en gueule. Or, justement, je devais passer par cette rue, avec le chien au mileu, et donc passer à hauteur de la bête. D’où je sentis poindre une petite appréhension. Bêtement. Bêtement, je pensai à Cerbère, le chien furieux de la mythologie. Vu la corpulence de la bête, j’aurais pu penser à Snoopy, ou à un Pollux passé à l’eau de javel, mais ma nature me configure à exagérer un peu les choses. Et puis, je dis : « je pensai à Cerbère », mais sur le coup, je ne pensais à dire vrai à rien de bien mythologique, je n’appréhendais que les aboyements rauques et les canines acérées qui allaient me coller au train. D’ailleurs, il faut être honnête, il eût fallu que je google Cerbère pour me rappeler à quoi il ressemblait, et combien il avait de têtes (si tant est qu’il en avait plusieurs), et vérifier si ma comparaison était pertinente . Je n’ai heureusement pas encore ce genre de réflexe lorsque je me promène. Il n’y avait donc là que ce chien, et ma perception teintée d’une angoisse aux origines sans doute infantiles, à ces rencontres avec des chiens agressifs, mal évlevés.

Evidemment, ce jour-là, rien ne se produisit. Lorsque je croisai le chien, le cœur battant, il ne me regarda même pas. La nature a de ces bugs.

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